Vicissitudes

Encore un matin nébuleux, arrière-goût de misanthropie
Des spectres valsent dans ma tête… hier ne fut qu’une utopie
Déjeuner, vêtements, toilette : je m’affuble de myopie
Pour ne pas voir le monde lunaire qui suscite ma lycanthropie

Dehors, la fourmilière s’active et se déplace en masse informe
Tous différents mais homogènes, tant d’êtres uniques qui se conforment
Radio, télévision, journaux… que de fragments de vue difformes
Pour mieux sculpter l’image sociale, anesthésier toute réforme

Je plie bagages et puis je pars vers une destination secrète
Un exutoire où faire exploser ma lumière discrète
Par monts, par vaux, par mers et cieux, jamais la vie n’est si concrète
Que dans l’ivresse des nectars que seul le cœur sécrète

Partout les gens n’en peuvent plus d’exister, partout les gens se meurent de vivre
Tant de macchabées errent en vain sans trop savoir quel chemin suivre
Night club, dance floor, french kiss, one night : n’est-ce que la chair qui nous enivre?
J’ai les yeux fatigués de voir… ma vitre est un jardin de givre

Une autre soirée fastidieuse, avant-goût de mélancolie
J’aperçois les spectres valser… demain ne sera que folie
Battu par les flots d’un maelström – je le boirai jusqu’à la lie!
Voici ma chanson d’Achille : c’est chaque jour l’anomalie.



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